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Investissement local : Le sentiment d’échec de l'Oranie

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Écrit par Kamel Daoud (Quotidien d'Oran)   
25-11-2006
La capitale de l’Algérie ce n’est pas Alger, mais El-Eulma. La seconde ville du pays, ce n’est pas Oran, mais Sétif.

L’investissement en Oranie est un échec, son industrie est un souvenir et les «affaires» n’y profitent déjà qu’à ceux qui viennent d’ailleurs. Diagnostic d’un régionalisme qui n’est plus celui que l’on croit.

Pour parler de l’économie et des «affaires» à Oran ou en Oranie plus largement, il y a deux langages: celui des chiffres et statistiques qu’alignent les sources officielles mais auxquels l’on ne cède que pour meubler les catalogues et les prospectus lors des foires ou des manifestations, ou choisir de laisser parler, en voix off, ces Oranais qui ont tenté l’aventure de la PME/PMI et qui y ont tiré, en plus des quelques bénéfices, la certitude que la région est «morte» ou qu’elle ne leur appartient plus ou qu’elle est déjà trop en retard pour s’aligner sur les performances de l’Est et du Centre de l’Algérie. Le langage des chiffres n’est là que pour la consommation extérieure car les petites réalités de l’Oranie sont tout autres, et il y faut une bonne dose de vocabulaires et d’euphémismes pour en exprimer le détail sans se voir accuser de «régionalisme» primaire, d’esprit «oranoïde» incapable de réussir et de briser le cercle de cette exclusion que l’on a toujours interprété comme politique depuis le correctif du 19 juin 1965.

Commençons donc par le commencement: pourquoi Oran et l’Oranie en général cultivent-elles ce sentiment d’exclusion qui est devenu presque une explication locale finale ? «Tout s’est joué durant les premières années de l’Indépendance. C’est à partir de là que ça a mal démarré pour nous», résume un «gros» industriel dont le parcours même résume un peu la biographie des hommes d’affaires à l’oranaise. C’est-à-dire l’ALN avec le grade de commandant, l’engagement politique, l’investissement financier et jusqu’aux dernières illusions du marché libre et des possibilités qu’il pouvait offrir. Derrière son bureau au rez-de-chaussée de l’immense villa où il a construit «un salon pouvant recevoir jusqu’à 200 personnes à l’époque où je croyais pouvoir en faire un véritable forum d’affaires et de politique de promotion pour la région», le bonhomme garde le cap de son espoir mais ne se refuse plus le constat des échecs «d’abord dû aux nôtres puis à ceux qui nous ont gouvernés». Cernée par un jardin luxuriant, l’immense villa est belle, mais le tableau que fait l’homme des lieux ne l’est pas. «Tout s’est joué aux premières années de l’Indépendance: à l’époque où les gens de l’Est et du Centre comptaient leurs sous et ne s’aventuraient que pour les petites transactions commerciales rapides, nous avons fait ici l’erreur de croire en la possibilité de transformer la petite fabrique familiale et le petit artisanat en une véritable chance pour fonder un tissu d’industries viable: la région était à l’époque un véritable vivier pour de petites unités de forge, textile, chaussures, agro-alimentaire et petits chantiers maritimes de pêche. Nous avions bien démarré mais nous avons mal fini». Les raisons. Elles sont doubles: «les dérives idéologiques du pouvoir de l’époque et la coercition fiscale», résume notre hôte. Ce dernier se refuse cependant la lecture politique et ne veut pas faire le lien entre le calendrier du fameux correctif du 19 juin 65 et le minutage de ce crash régional de l’économie locale. «Pour moi, la faillite n’a pas été organisée sciemment pour des raisons politiques, mais elle eut lieu peut-être passivement. Une facture involontaire que nous devions payer». Pour notre interlocuteur, «les gens de l’Est et du Centre ont vu mieux que nous et plus loin». Dans cette vaste rétrospective qui veut expliquer l’exclusion supposée de l’Oranie, la région a payé cash lorsque les choix idéologiques de l’époque imposaient, pour caricaturer un peu, de casser du «bourgeois» et lorsque plus tard, sous le règne de quelques ministres comme Hidouci et Mouloud Hamrouche, il fallait payer la dévaluation spectaculaire du dinar algérien et la hausse vertigineuse des taux d’intérêt. «Lorsque vous êtes commerçant à l’Est, votre capital c’est soit votre argent que vous gardez chez vous, soit votre marchandise que vous stockez en dépôt». Avec la chute du dinar, la plupart des hommes d’affaires d’Oran et de l’Oranie se sont retrouvés avec des dettes énormes et des petites unités en faillite sur les bras. «Des centaines de petites entreprises locales ont coulé entre 1975 et 1985, et d’autres ont disparu pour céder la place à des entreprises étrangères de même niveau et qui sont devenues des sociétés internationales florissantes». «C’est nous qui avions payé le plus cette dévaluation sauvage de la monnaie nationale durant les années 80 et la hausse des intérêts bancaires qui ont plafonné à 28% alors qu’ils étaient fixés à 6% auparavant», conclut notre témoin. Le reste suivit. De cet effondrement, ne survivront que quelques briqueteries, quelques transformateurs de plastique, quelques fabricants de textile et de chaussures et presque rien des chantiers maritimes de pêche.

Mal organisés, peu tentés par le lobbying direct ou simplement habitués à «travailler» en rangs dispersés, les hommes d’affaires de l’Oranie et d’Oran partagent étonnamment un même constat d’échec partiel de leur aventure et se rejoignent tous au chapitre des conclusions. La première idée tenace est celle de la «ségrégation» indirecte dans l’octroi des crédits bancaires, à la base de toute entreprise économique de proximité. «Si les régions du Centre et de l’Est connaissent aujourd’hui l’insolence de la bonne santé, c’est parce que les crédits bancaires sont octroyés d’abord sur la base de l’acte de naissance», résument certains. Pour l’un de nos interlocuteurs, «la centralisation excessive des banques à Alger, c’est-à-dire là où nous n’avions presque pas de relais» a aidé à installer cette petite culture de la tête du client. Les régions de l’Est et du Centre démarraient cette fois-ci sur de meilleures bases, selon une idée chère aux Oranais, et pouvaient contrôler les circuits d’écoulement des produits importés avec des prix meilleurs, à la faveur de distributeurs mieux «intéressés». Peu à peu donc, «ce sont de véritables centres nationaux économiques qui se sont créés là-bas, obligeant l’Oranie de n’être plus qu’un arrière-marché de la consommation», nous explique un opérateur rencontré lors de la 8e édition de la Foire internationale d’Oran, largement investie par des sociétés françaises ou par leurs partenaires presque tous venus de... l’Est ou du Centre. «Vous comprenez alors pourquoi lorsqu’on veut intéresser un Français ici, son argumentaire est déjà tout prêt: à Sétif, nous dit-il, nous sommes au carrefour de cinq grandes villes, il y a beaucoup d’argent et un meilleur environnement de main-d’oeuvre». La région de l’Oranie est «présentée à nos éventuels partenaires comme une région ‘vide’ et dont la vocation est d’alimenter uniquement les circuits de la contrebande vers le Maroc».

Question classique: y a-t-il eu volonté politique délibérée de mettre l’Ouest sous embargo ? «Non», se défendent les gens que nous avons interrogés, convaincus ou encore loin de pouvoir assumer le tabou. «Les choses ont été laissées à la merci de l’Administration. L’Ouest y était moins agressif et les gens du Centre et de l’Est y avaient des relais plus importants et mieux placés». La conclusion de ce genre d’analyse est qu’il est «plus utile d’avoir ses hommes derrière les bureaux et les guichets que de placer un ministre de l’Ouest au gouvernement». Selon des convictions «locales», il s’agit d’un long processus qui a abouti à la formation de véritable lobby, à la jonction entre les hommes d’affaires et des députés par exemple, un peu partout mais pas... à l’Ouest. «Le lobby de l’Ouest n’existe pas et n’a jamais existé». Il y a en somme «des parties qui ne veulent pas que l’Ouest bouge» et une partie locale qui n’a jamais appris à bouger. L’exemple ? «A l’Est et dans le Sétifois par exemple, c’est devenu une tradition que d’organiser des rencontres informelles, chaque mois, entre ministres de la région, hommes d’affaires, députés et sénateurs pour régler les problèmes courants et aplanir les difficultés administratives pour les opérateurs de la région», soutient un homme d’affaires oranais. «Ici, nous ne connaissons même pas nos députés et ils n’ont presque jamais cherché à nous connaître», ajoute-t-il. Cette «timidité» politique, qui est presque perçue comme un syndrome, n’est pas due uniquement à la «peur» de l’étiquetage régionaliste «qui ne fonctionne que dans un seul sens apparemment !», mais surtout à la compétence réelle des représentants politiques et à... une sorte de vocation républicaine «très prononcée chez nous». Explication: arrivés à Alger, les «nôtres» pensent d’abord au pays et à la nation et à infirmer toute accusation de régionalisme là où les autres ne s’en cachent presque pas. Ajouté au manque d’expérience, le tableau final est celui d’une région déconnectée de toute représentation politique active et sans possibilité de transmettre ses «doléances» autrement que sur le mode de l’attente passive.

En 1999, avec l’élection de Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays, «tout le monde a pensé la même chose: enfin un chef de l’Etat venu de l’Ouest !». La candidature de l’actuel président y avait été soutenue comme une question de vie ou de mort et pas seulement pour l’Algérie entière. Le soutien s’y exprima autant par un habile et tapageur travail de promotion que par des moyens financiers qui ont investi dans ce lobbying encore naissant avec l’espoir d’une saine logique de renvoi d’ascenseur en fin de parcours. L’élection de Bouteflika provoqua une grosse attente qui sera très vite déçue, «non pas à cause d’un retournement de veste mais surtout parce que nos espoirs étaient naïfs, disproportionnés et fondés sur l’inexpérience et sur... la courte mémoire». Un homme de l’Ouest à Alger «fonctionne» d’abord comme un Algérien et pas du tout comme un homme «né d’une région ou soutenue par elle». Refroidi, ce lobbying d’occasion disparaîtra et son absence sera très visible à l’occasion de la campagne du second mandat de Bouteflika. La relance sera algérienne et pas oranaise. Conclusion: «il n’y a rien à investir en politique pour le moment», nous dit-on. L’avenir est donc ailleurs et dans les petites solutions de survie.

L’histoire de cette «faillite» à l’Ouest ne s’arrêta pas ici. Pour beaucoup d’opérateurs interrogés, autant ceux de la vieille génération que de celle née de l’économie de marché et qui ne téta guère aux mamelles du socialisme finissant des décennies passées, le drame continue. Doucement disqualifiée, peu à peu poussée à subir la vocation de marché secondaire, «vidée depuis 20 ans de ses entreprises et de son industrie», la région en a subi les conséquences qui maintenant sont passées au cliché: une disqualification de sa main-d’œuvre de moins en moins compétente et de moins en moins spécialisée et déjà convaincue de l’inutilité de la concurrence et de l’investissement dans les ressources humaines. «C’est facile de dire aujourd’hui que les gens de l’Ouest sont des fainéants et qu’ils rechignent au travail»: ils apprennent de moins en moins et la transmission de l’expérience y est devenue impossible. En résumé, nous dira un jeune opérateur, «la culture ouvrière a disparu en Oranie». «Vous savez, je fais partie de cette génération qui a investi à vide. Comment voulez-vous que j’arrive à convaincre mon fils de reprendre le flambeau alors que chaque soir il me voit rentrer à la maison encore plus abattu que la veille ?», nous avouera un vieil opérateur oranais qui conclut: «Bien sûr, toute l’Algérie est notre pays et les gens de Sétif ou de la Kabylie ne le sont pas moins que nous, mais...». Le chapitre des «mais...» ne compte pas que des griefs ou des nostalgies mais aussi des constats: «A la longue, et j’exagère peut-être comme je l’espère, c’est un véritable problème politique, très grave, qui va se poser à l’Algérie de demain», analyse un opérateur interrogé. «Les délocalisations des entreprises de l’Ouest vers le Centre et l’Est, est une réalité mais ce n’est pas le plus important.

Aujourd’hui si vous pensez vendre votre usine, c’est un homme d’affaires de l’Est et du Centre qui se présentera le premier pour vous la reprendre. Ils sont agressifs et travailleurs. Vous savez où cela peut nous conduire ? Et bien à penser qu’un jour le jeune Oranais, votre fils ou votre petit-fils, va mal accepter d’avoir été réduit à être... un invité chez lui !».

La possibilité d’une sorte de déséquilibre régional est un scénario que certains hommes locaux envisagent sérieusement. L’avis est unanime donc à l’Ouest: «Les gens de l’Est commencent à occuper sérieusement la région».

«D’abord la relance de la proximité». Pour beaucoup d’opérateurs locaux, il s’agit de mener à bien la décentralisation bancaire, d’encourager les banques de proximité locales pour permettre aux «locaux» d’accéder rapidement et facilement au lignes de crédit, entre autres. «Même si cette idée ne peut pas nous faire rattraper le retard, elle contribuera à le freiner», nous affirme-t-on. Est-ce tout ? Non. L’autre solution majeure est celle dont on ne veut pas et dont on ne peut pas parler. C’est de l’option politique pour transmettre les attentes de la région et peser sur la décision centralisée. L’expérience très brève d’un parti politique «régional» à l’époque du flottement multi-partisan des années 90 n’a pas fait long feu et sera très vite condamné pour sa vocation de scission. Il n’en survivra qu’un tabou autour de tout débat sur la régionalisation positive. Même le fameux rapport de Missoum Sbih, commandé par la présidence, sur la réforme des institutions de l’Etat, a fini par conclure à l’urgence d’une option régionaliste étudiée, mais sans que l’idée ne trouve écho. Stoppée à la hauteur d’une définition par la menace sur l’unité nationale, toute pensée sur une décentralisation efficace des pouvoirs, leurs réaménagements en fonction des spécificités et des priorités régionales, est déjà une infraction au politiquement correcte.

Le régionalisme a été en effet tué par... le régionalisme en quelque sorte. L’idée d’un parlement local, d’un parti régional ou d’un lobbying géographique est frappé, à l’Ouest, par le poids d’un tabou né peut-être depuis les premières années de l’indépendance et des crises de cette époque. «Le système ne permettra jamais de créer un parti fondé sur la base de la défense des intérêts régionaux», explique notre interlocuteur. «Curieusement, quand le pouvoir est entre les mains des gens de l’Est, la question du régionalisme ne se pose pas. Elle ne devient une actualité que dans le cas contraire. Même s’il faut aussi dire que pour les gens du Centre et de la Kabylie, la question du contrôle du pouvoir n’a jamais été une priorité. Ce qui les intéresse eux, c’est «l’intermédiaire», l’administration, «les relais». L’Oranie est donc inapte à la politique comme au lobbying ? Beaucoup répondent par la négative. «Nous devons notre habitude d’avancer en rangs dispersés peut-être à notre cosmopolitisme: les Oranais sont de partout avant d’être d’Oran».

Un denier exemple ? B.M. est un jeune importateur de la toute jeune génération de l’après Aswak El-Fellah. La bureaucratie, il ne l’a pas connue devant le stand de la vente des plaquettes d’oeufs, mais dans les ports, les banques et les impôts. Lancé depuis des années dans l’importation des «sanitaires» et autres équipements de salles de bains et de plomberie, il a investi son argent dans l’installation d’une petite usine de boulonnerie à Oran. «Je m’étais lourdement trompé et maintenant mon usine est à vendre», nous confie-t-il. La raison ? «Pour faire tourner une telle unité, il faut l’installer au Centre ou à l’Est. Là, le marché ainsi que la main d’oeuvre existent et c’est là où l’environnement industriel permet d’investir dans les produits dérivés. A l’Ouest, il n’y a pas d’usine de sanitaires pour espérer vendre des boulons et des joints.». Pour lui, l’Oranie est une région presque morte, sans capital humain: «vous cherchez un bon maçon, un ouvrier spécialisé ou un technicien ? Allez le chercher à l’Est ou au Centre. Ici, il n’en existe presque pas».

Pire encore, la ségrégation dans l’accès au crédit «s’accentue et s’institue: on ne peut déjà plus la corriger car les gros capitaux ne sont plus de l’Ouest et peuvent même se passer des banques aujourd’hui». Pour son collègue, spécialisé dans l’importation de pièces détachées allemandes, «les gens de l’Est travaillent en groupe, achètent en groupe et contrôlent les prix à la vente presque partout en Algérie. Lorsque je me présente devant mon fournisseur allemand, je fais pâle figure avec ma petite demande face à la demande groupée des Sétifiens et des gens d’El-Eulma, par exemple». L’idée forte du jeune opérateur oranais est que «les gens de l’Est sont solidaires entre eux». Une solidarité que n’explique pas seulement le régionalisme par défaut, mais aussi le sens de l’efficacité et la grande expérience dans les domaines du commerce. Un sentiment d’envie donc ? «Non», insiste-t-on. «Il ne faut pas en vouloir à El-Eulma mais à nous-mêmes». Contrairement à ce que l’on pourrait conclure, ce sentiment «d’échec» régional n’a pas donné naissance au dépit attendu ni à plus que de la frustration. Pour les quelques opérateurs que nous avons interviewés, il ne s’agit plus de penser en «région» mais de réussir par la même méthode. «Ce sont des Algériens tout autant que nous et si cela permet d’enrichir l’Algérie, alors pourquoi pas ?». Si le système des privilèges existe et si le «Bennamisme» persiste, autant l’accepter. «Si certains ont volé et ont investi en Algérie, il nous faut arrêter de geindre et de les accuser: cet argent sert le pays et ne profite qu’aux Algériens en fin de compte». Pour conclure, nous dira B.M., «Bouteflika ne peut déjà plus grand-chose contre le réel et il est obligé de négocier avec. Le pays a besoin de ses idées et de ses idiots...». Bien sûr, les sentiments cachés ne sont pas aussi sereins: tout le monde aime à dénoncer les lobbys des autres régions «pour mieux se cacher derrière» et certains parlent en connaissance de cause de la guerre qui dure entre importateurs, investisseurs, opérateurs et groupes de pression. «L’époque a changé et aujourd’hui on ne se fait pas la guerre avec des lettres de menaces. Les capitaux sont devenus importants et aujourd’hui cela fonctionne autrement: obstacles administratifs organisés, pressions financières et habilités de négociations avec les partenaires et les fournisseurs étrangers !».

Les conclusions ? L’échec est-il total à l’Ouest ? Faut-il en vouloir au régionalisme des «autres» ? Les «affaires» sont-elles impossibles ici en Oranie ? Faut-il attendre encore quelques décennies pour voir l’idée d’une expression politique locale dépasser le statut de l’interdit absolu et les limites de la chambre de commerce ? Non. Derrière le tableau, il y a peu à peu la réalité d’une prise de conscience collective pour changer de «méthode» de se faire de l’argent.

Le sentiment d’amertume n’est pas général malgré tout et, le plus étonnant, c’est qu’il est d’abord retourné contre soi-même et sert au procès de la région et de ses élites. «C’est nous qui n’avions rien compris et le seul moyen d’en sortir, c’est de changer de façon de penser et de cesser d’en vouloir aux autres», conclu B.M. qui a déjà mis son usine en... vente et qui a déjà tiré la leçon.

«Ce ne sont ni les deux zones industrielles qui vont nous sauver, ni le CALPI, ni l’ANSEJ, ni la chambre de commerce, ni le chacun pour soi. Ce qu’il faut, c’est un peu plus de sérieux et cesser de regarder vers l’arrière...»

Source : Quotidien d'Oran.

 
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