Paradoxe du secteur des hydrocarbures : Naftal importe de l’essence |
|
|
|
|
Écrit par N. Ryad (Liberté)
|
|
09-09-2008 |
 Dans une communication intitulée "Le secteur des hydrocarbures en Algérie (1958-2008), problématiques, enjeux et stratégies", dans le cadre d’un cycle de rencontres organisées par la Fondation Friedrich-Ebert, Mustapha Mekidèche, vice-président du Cnes, consultant et auteur d’ouvrages sur l’énergie, a abordé la question du modèle de consommation énergétique nationale.
La pratique est contradictoire avec les principes de ce modèle, relève-t-il. "Le premier objectif affiché du modèle de consommation énergétique est basé sur le principe de précaution. Il s’agit d’utiliser autant que faire se peut les ressources gazières pour les besoins nationaux, compte tenu qu’il s’agit de ressources plus longues - en termes de réserves et de production à même taux d’intensité énergétique aux lieu et place du pétrole brut et de ses dérivés moins abondants...
Ce modèle de consommation énergétique aurait dû s’appuyer sur une politique des prix appropriée et une communication soutenue en direction des ménages, du monde des affaires et de la classe politique. Il s’agit en particulier d’expliquer qu’il est impératif de passer de la carburation essence à la carburation au gaz naturel comprimé (GNC) et au GPL, de diminuer la consommation du gasoil qu’il faudra importer bientôt car les capacités de sa production ne sont que de 6 millions de tonnes, alors que la demande nationale et la fuite des frontières dopées par des prix très bas dépassent déjà en 2007 ce niveau de production. La carburation GPL du parc automobile progresse très lentement alors que l’on aurait dû comme mesure psychologique et signal fort, par exemple, utiliser les politiques publiques de soutien et de financement de l’emploi des jeunes pour conditionner les facilités accordées à l’acquisition de microbus et voitures à l’utilisation impérative d’une carburation GPL.”
À noter que le bilan de Sonatrach fait état de l’importation d’importantes quantités de gasoil en 2007.
Autre conclusion saillante d’un exposé brillant, l’orateur suggère de définir un consensus national sur le profil optimal des exportations à moyen terme, notamment pour le gaz naturel.
En effet, les besoins locaux en forte croissance avec les programmes de dessalement et de développement de Sonelgaz, et avec les objectifs d’exportation ambitieux de 85 milliards de mètres cubes par an en 2012, plus de 100 milliards à un horizon plus lointain, les réserves de gaz risquent de s’épuiser plus rapidement. Telle est la problématique.
L’économiste Bouzine, qui a animé le débat, a souligné qu’il existe bel et bien une stratégie dans le secteur des hydrocarbures. Il s’agit de la mettre sur la table, de la discuter et de l’intégrer dans une stratégie de croissance globale de l’économie du pays.
Source : Journal Liberté. |