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Internet : L'Algérie vulnérable face à la cybercriminalité ?

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Écrit par M. Aziza (Quotidien d'Oran)   
08-01-2008
CybercaféLe commissaire de police Mostefaoui Abdelkader a exposé hier les difficultés que rencontrent les services de sécurité pour l'identification des menaces terroristes et criminelles sur Internet.
La tâche, selon le commissaire, est très compliquée, notamment en l'absence d'une réglementation ferme qui oblige les providers d'Internet ou les gérants de cybercafés à sauvegarder les données pour plus d'une année.

C'est le sujet débattu, hier, au forum d'El Moudjahid autour du thème « l'Internet en tant qu'avancée technologique ou instrument d'atteinte aux libertés ». L'ensemble des invités et des intervenants, notamment les professionnels en communication et Internet, ont abordé les questions de l'heure, tel que les menaces terroristes sur Internet. Bien que l'Internet soit un moyen d'information, de distraction, de recherche et de développement, il sert tout de même les actions des groupes terroristes. Personne ne peut nier que les messages transmis par les groupes terroristes se font le plus souvent par Internet, sans parler autant des sites de recrutement de terroristes ou ceux utilisés pour revendiquer des actes terroristes commis.

Le représentant de la DGSN, en l'occurrence le commissaire Mostefaoui, était très clair. « Il est extrêmement difficile d'avoir une traçabilité de l'information en l'absence d'une réglementation ferme obligeant les providers et les gérants des cybercafés à sauvegarder les données, notamment celles relatives aux sites consultés plus d'une année », a-t-il tenu à dire. L'intervenant est catégorique: « on ne peut contrôler à 100% les réseaux Internet, pour la simple raison que tous les sites web algériens sont hébergés à l'étranger ». Il ajoute qu'« il est vrai que nos services collaborent avec des services étrangers dans ce sens. Nous avons à maintes reprises demandé des informations sur des messages électroniques échangés entre des groupes terroristes qui utilisent des sites hébergés à l'étranger. Mais nos actions se retrouvent carrément bloquées à ce niveau », a-t-il précisé. Il expliquera: « Il faut savoir que les hébergeurs des sites Internet à l'étranger ne sont pas responsables du contenu publié. Autrement dit, il n'y a aucune réglementation qui oblige les hébergeurs de sites Internet à vérifier le contenu avant sa mise en ligne, ni des sanctions contre les hébergeurs.

Ceci d'une part. D'autre part, il est extrêmement difficile en Algérie d'identifier l'utilisateur des sites Internet et je pense que la solution réside dans l'installation dans l'ensemble des cybercafés de caméras. Enfin, il affirme que jusqu'au jour d'aujourd'hui, aucune enquête policière électronique n'a été effectuée, tout en précisant que la majorité des plaintes et des demandes d' information parviennent de l'étranger. Si le commissaire de police a parlé d'une absence de réglementation qui permette la traçabilité des sites consultés, un fournisseur des service Internet, en l'occurrence le PDG de GCS, Grar Younès, a affirmé le contraire en précisant que la réglementation obligeant les gérants des cybercafés et fournisseurs d'accès à Internet à sauvegarder toutes les données existe, mais le problème est que les services de sécurité et autres ne se rapprochent que rarement de ces fournisseurs ou de ces cybercafés. « Je suis un fournisseur et je peux vous affirmer que la réglementation existe, mais c'est le suivi et le contrôle qui font défaut ».

Le commissaire de police et les providers demandent la mise en place d'un arsenal juridique et organisationnel qui incitera tous les services concernés à contrôler davantage ce que nous consommons dans les cybercafés et à travers les réseaux d'Internet. Ils réclament plus de suivi, suggérant en outre la mise en place d'une entité indépendante qui délivrera des certificats pour l'utilisation et la sécurisation des réseaux, ainsi que la création d'un observatoire qui aura la mission de contrôler les contenus et les passerelles des ISP.

Le PDG de l'Eepad, Naouar Harzallah, a signalé lui « que tous les sites de nos institutions sont hébergés à l'étranger et même la messagerie externe utilisée par nos hauts responsables est hébergée dans des sites à l'étranger ». La question qui se pose: est-ce qu'on peut parler de sécurité et de confidentialité dans ce contexte ?

AUCUN SITE MARCHAND EN ALGERIE

WWWLe problème de sécurité de nos réseaux, qui se pose avec acuité en Algérie, n'a pas favorisé la création d'un site marchand en Algérie. Les opérateurs économiques n'accordent pas un grand intérêt pour développer leur économie ou leur commerce via Internet. « Ils n'ont pas la garantie ou l'assurance que leur site ne sera pas piraté ». Les conférenciers ont affirmé que nos voisins tunisiens sont arrivés à sécuriser leurs données et ce pays compte aujourd'hui 500 sites marchands. En France, il en existe pas moins de 32.000.

LES PROVIDERS DENONCENT LE MONOPOLE D'ALGERIE TELECOM

Mebarek Boukaba, ingénieur en télécom, a dénoncé pour sa part la disparition des providers, accusant Algérie Télécom de monopole, à l'origine, selon ses propos, de cette absence. D'après lui, depuis 2000, une centaine de providers (ISP) ont été créés, et aujourd'hui, il n'en reste que trois qui sont réellement dans l'Internet. Le conférencier a exigé une enquête de la part des pouvoirs publics pour déterminer les véritables raisons ayant poussé ces providers à la faillite. Il pointe directement du doigt le monopole exercé par Algérie Télécom, dont le réseau est utilisé par tous les providers, sans parler des lenteurs des procédures qui font perdre du temps et de l'argent aux providers.

Source : Quotidien d'Oran.
 
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