 Le mois de janvier se termine bien pour les téléspectateurs, et ce n’est pas parce que les nouvelles augmentations des salaires décidées par le gouvernement sont entrées en vigueur. Mais, c’est le retour de TPS qui fait plaisir aux gens. «Depuis hier, je capte toutes les chaînes de TPS.
C’est une aubaine», s’enthousiasme Kadirou. En face de lui, Mourad s’interroge: «c’est vrai, TPS est revenu. Mais moi, je ne la capte pas encore ?» La discussion se déroule au bas d’un immeuble dans une cité populaire à Oran. «Moi, j’ai un Stream sans carte. J’ai fait une mise à jour et ça marche», lui répond avec un sourire son voisin. Mourad, doit attendre encore. Son démodulateur, Symba, n’accepte pas la «mise à jour» disponible depuis samedi. C’est là le mystère du retour de TPS. Les démodulateurs Stream, Condor, Pionner acceptent la nouvelle mise à jour, les autres marques comme Cristor, Cherokee pas encore. «Mais c’est une question de jours», assurent les spécialistes du marché. Un audre défi pour les hackers du monde entier. Pour ces derniers, l’étude des systèmes de sécurité et de cryptographie a plus d’intérêt. Un hacker passe beaucoup de temps devant l’ordinateur et sur le réseau, et ses données ont beaucoup de valeur. Comme par nature, le hacker se contente difficilement des phrases publicitaires d’un logiciel de sécurité ou de cryptographie, il veut y mettre son nez, en vérifiant la robustesse réelle du système. Il est évident que la meilleure manière pour mettre à l’épreuve la solidité de quelque chose est justement d’essayer de le casser.
Avant tout, c’est un défi qu’ils se lancent à eux-mêmes, une chose à laquelle les hackers ne savent résister. Le hacker doit donc apprendre à «violer» un système cryptographique, c’est le cas des codes pour les démo, pour décrypter les chaînes de télévision numérique. En plus de l’amour de l’Art, certains hackers le font par «idéologie», celle de la télévision pour tous.
Pour revenir aux démodulateurs, les magasins d’électroménagers et les cybercafés affichent la disponibilité de la mise à jour. Pour 300 dinars ou 200 dinars, tout dépend de l’endroit. A M’dina Jdida, cet hypermarché à ciel ouvert, les prix sont les moins chers de toute la ville. Le retour de TPS redonne de la vitalité au marché des démodulateurs numériques. Après plusieurs mois de stagnation, la vente de ces appareils, souvent montés en Algérie, reprend d’une façon spectaculaire. Mais, les revendeurs évitent de donner des chiffres. Stream domine le marché à Oran. Les démodulateurs montés à Birtouta près d’Alger se vendent comme des petits pains. Le secret ? Pas facile à trouver. Les spécialistes du marché divergent sur l’explication. « Les Stream sont dotés pour recevoir les TPS », explique El-Bez qui tient une boutique d’appareils électroménagers à Oran. On le voit, le marché des démodulateurs dépend beaucoup de TPS. Sans les chaînes du bouquet numérique français, les démodulateurs ne servent pas à grand-chose. Ils permettent de capter quelques chaînes d’informations en continu, mais les téléspectateurs veulent du football et des films. Conscients du risque, les nombreux fabricants locaux de démodulateurs multiplient les nouveautés pour contrer le cryptage de TPS. « Cette fois, les pirates sont entrés grâce aux démodulateurs Sagem », explique un spécialiste et revendeur de démodulateurs à M’dina Jdida. Comme beaucoup d’autres, il suit de près tout ce qui est lié au cryptage des chaînes françaises. Les démodulateurs Sagem sont les seuls dotés de système permettant de capter directement les TPS. La nouvelle mise à jour va-t-elle durer longtemps ? « Ca va durer des mois, peut être jusqu’à avril », répond avec beaucoup d’assurances le revendeur de M’dina Jdida. En attendant la disparition de TPS, on peut profiter et regarder gratuitement le bouquet numérique français. D’autant qu’à partir de jeudi, on peut aussi regarder Canal + et Sport + incluses dans l’offre de TPS.
Source : Quotidien d'Oran. |