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Bourse à l’étranger, privatisation et mixité

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Écrit par Djamel B. (Quotidien d'Oran)   
25-11-2006
Tous les professeurs ayant bénéficié de bourses d’études à l’étranger durant les quatre dernières années sont retournés au pays, a annoncé jeudi le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique M. Rachid Harraoubia. Le ministre qui répondait à une question d’un député de l’APN, relative aux mesures susceptibles de mettre un terme à la fuite des cerveaux algériens, a affirmé que ce retour de l’ensemble des professeurs au bercail est le résultat d’une réorientation de la politique de la formation et des mesures incitatives. M. Harraoubia a souligné que tous les professeurs, au nombre de 360, ayant bénéficié entre 2002 et 2005 d’une bourse à l’étranger ont regagné le pays.

Par ailleurs, les chiffres avancés par le ministère font état d’une nette progression du nombre d’étudiants ayant bénéficié d’une bourse à l’étranger. De 21 étudiants en 2004, le nombre est passé à 79 durant le premier semestre 2006 et devrait atteindre à la fin de cette année 160 étudiants. Le ministre indique que ces résultats positifs sont dus à la réorientation de la politique de la formation dans le processus des réformes engagées par le secteur depuis trois ans, à la faveur desquelles les professeurs universitaires ont bénéficié de la majorité des bourses, alors que dans le passé la priorité était exclusivement accordée aux étudiants, a-t-il indiqué.

M. Harraoubia a indiqué, par ailleurs, que l’opération d’octroi des bourses à l’étranger doit répondre à certaines conditions dont, notamment, l’accès des majeurs de promotion aux bourses et leur insertion préalable dans un laboratoire de recherche national, le renouvellement du cadre juridique et son adaptation avec la nouvelle politique de formation. Le ministre a d’autre part insisté sur la nécessité de tirer profit de l’expérience des chercheurs algériens qui se sont établis à l’étranger, à travers des mesures incitatives. Il faut aussi, dira-t-il, leur permettre de contribuer à la recherche scientifique au niveau des universités algériennes.

Les assurances du ministre de l’Enseignement supérieur semblent, a priori, contredire les chiffres, pour le moins préoccupants, avancés par les spécialistes sur la fuite des cerveaux algériens vers l’étranger. Pas plus tard qu’il y a un mois, le débat engagé par le Forum des chefs d’entreprises (FCE) sur le thème «la fuite des compétences, revalorisation des élites nationales» a permis de révéler l’ampleur du phénomène. Lors de son intervention le président du Forum, M. Omar Ramdane, a présenté au cours d’une communication détaillée les différents aspects ayant trait à ce sujet qui a suscité beaucoup de discussions durant les trois dernières décennies.

Abordant la situation de l’Algérie, le patron du FCE a dressé un bilan aussi préoccupant que celui du continent africain. Se référant aux statistiques et études réalisées par des différents organismes et institutions, M. Ramdane a indiqué que plus de 7.000 médecins algériens se sont installés en France jusqu’au juillet 2005 dont 2.000 dans la seule région parisienne sur un ensemble de 10.000 médecins étrangers immigrés à l’Hexagone, alors que 40.000 chercheurs ont quitté l’Algérie depuis 1996. De même, sur 25 pays fournisseurs d’immigrants vers le Canada, l’Algérie occupe la troisième place après les immigrants français et chinois.

Concernés directement par ce phénomène, les chefs d’entreprises représentent une large partie des Algériens expatriés vers la France avec près de 100.000 recensés récemment. Ils emploient environ 2,2 millions de personnes et leur chiffre d’affaires global dépasse 15 milliards d’euros. D’après les constats tirés par le FCE, les métiers liés à la technologie de pointe (électronique et technologies de l’information et de la communication en particulier) et à l’industrie énergétique ainsi que la médecine sont ceux qui attirent plus les élites algériennes expatriées.

Outre la question relative à la fuite des cerveaux, le ministre de l’Enseignement supérieur a affirmé, en réponse à une question sur la valeur des diplômes algériens, que «ces diplômes ont permis à des étudiants de s’inscrire dans de prestigieuses universités et écoles étrangères». M. Harraoubia a signalé à ce titre que le ministère de l’Enseignement supérieur a signé une série de conventions avec des universités étrangères pour faire valoir leur équivalence.

A un autre député qui s’est déclaré préoccupé quant au choix des critères d’orientation des étudiants universitaires, le ministre a révélé qu’une carte nationale de formation est en cours d’élaboration. En marge des travaux de la session, le ministre de l’Enseignement supérieur a tenu à rassurer les étudiants universitaires, dans des déclarations à la presse, que l’enseignement supérieur «demeurera toujours public», excluant de manière catégorique son élargissement au secteur privé «à l’exception de certains établissements qui sont soumis à des cahiers de charges auxquels les privés sont tenus de répondre en investissant dans ce secteur», a-t-il souligné. Enfin et en réponse à une question sur «la mixité» dans certaines résidences universitaires, le ministre de l’Enseignement supérieur a déclaré que ce problème a été réglé, mettant l’accent sur le respect réciproque qui doit présider dans les relations entre les étudiants.

Source : Quotidien d'Oran.
 
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