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L’investissement étranger : L’échec d’une politique

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Écrit par Ali Titouche (El Watan)   
27-07-2008
Le président de la République a décoché, hier, des flèches d’une rare virulence à l’adresse de l’investisseur étranger. D’après Abdelaziz Bouteflika, les étrangers sont appelés à faire de nouvelles offres en mesure d’épauler l’économie nationale. « Nous ne sommes pas des vendeurs de détail et celui qui ne veut pas payer le prix du marché n’aura rien en contrepartie », a déclaré le chef de l’Etat à l’adresse des investisseurs étrangers. Un rappel à l’ordre ?

Le chef de l’Etat vise-t-il quelque groupe étranger en particulier ? Il va sans dire que l’investissement étranger en Algérie a rarement accompagné les besoins nationaux en termes de développement et de transfert des technologies sans cesse réclamés.

Le profit qui fait courir tant le privé étranger a-t-il ainsi fini par ouvrir les yeux des responsables en charge des dossiers économiques ? Le chef du gouvernement, M. Ouyahia, en a bien donné la mesure lors du congrès de son parti durant ce mois en cours. Hier, c’était au tour du chef de l’Etat d’aborder cette question lancinante de l’apport des entreprises étrangères. Il faut rappeler, à ce titre, que celles-ci avaient rapatrié durant l’année écoulée environ sept milliards de dollars de bénéfices. Un chiffre effrayant ! Dans les 10 à 15 prochaines années, la proportion pourrait atteindre les 50 milliards de dollars de transferts de dividendes, à en croire Abdelhak Lamiri, économiste et PDG du groupe Insim, intervenu récemment lors d’un séminaire à Alger.

Cela est dû, d’après M. Lamiri, aux politiques adoptées à l’égard des investissements directs étrangers (IDE). Alors, s’agit-il d’un juste retour de l’Etat à la raison, au sens où l’implication de l’investissement étranger doit répondre à la volonté de suppléer l’effort national de développement. Les experts plaidaient – jusqu’ici – pour le développement d’un capital et un privé national qui est appelé à se déployer ici et ailleurs. Autrement, ces experts redoutent bel et bien l’effet retour de manivelle si l’on s’agrippe davantage à encourager les IDE. C’est-à-dire que d’ici à quelques années, environ 80% des secteurs industriel et bancaire seront entre les mains des étrangers. Mais pas seulement puisque le capital étranger investi en Algérie vient de montrer un visage qu’on ne lui connaissait pas jusqu’ici. En témoigne l’indicible mouvement de capital des cimenteries de Orascom qui ont fini par tomber dans l’escarcelle de son repreneur français Lafarge. Et ce, sans que les pouvoirs publics ne semblent être en parfaite connaissance — et encore moins de maîtrise — d’un des rouages les plus sophistiqués du capitalisme. Aux dernières nouvelles qui restent toutefois à confirmer, la licence de téléphonie mobile Djezzy devrait être rachetée par le groupe France Telecom. Selon le quotidien économique français La Tribune, cette transaction devra être conclue avant la fin de 2008. L’Algérie s’est-elle réveillée avec « une gueule de bois » après la griserie de la soirée ? C’est « parfaitement décevant », a reconnu le chef de l’Etat, hier, devant les maires d’Algérie.

Source : Journal El Watan

 
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