Nouvelles turbulences à l’université |
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Écrit par Sofiane M. (Quotidien d'Oran)
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14-12-2006 |
L’application du nouveau système LMD (Licence-Master-Doctorat), qui a été élargie à toutes les universités du pays au cours de cette rentrée universitaire, commence à montrer ses limites. Annoncé comme le remède miracle aux maux qui rongent l’université algérienne, l’introduction du nouveau système est confrontée sur le terrain à de nombreux obstacles d’ordres pédagogiques et organisationnels. Le mouvement de protestation lancé par l’Union nationale estudiantine libre (UGEL) dans plusieurs universités du pays pour exiger une intervention urgente des pouvoirs publics fait tache de huile.
L’université Mentouri de Constantine a connu, hier, un large mouvement de contestation à l’appel de cette organisation estudiantine pour dénoncer l’introduction «forcée» de ce nouveau système dans certains instituts et départements sans consultation des étudiants et de leurs représentants. L’université de Constantine n’est pas un cas isolé, puisque plusieurs universités et des centres universitaires, à l’exemple du centre universitaire de Souk Ahras et d’El-Bordj et de l’université de Jijel, ont connu des mouvements de protestation similaires.
Selon l’UGEL, ces actions sont devenus nécessaires pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur les limites de l’application du système LMD qui a été introduit sans une préparation «sérieuse» des conditions pédagogiques et matériels.
Dans ce cadre, l’organisation estudiantine a déploré un manque criant dans l’encadrement et les moyens pédagogiques qui sont indispensables pour la réussite de ce nouveau système. L’UGEL a exprimé d’ailleurs, dans un communiqué, la déception croissante des étudiants qui se trouvent confrontés à d’énormes difficultés pour suivre leurs cursus universitaires. Conditions d’hébergement et de restauration difficiles dans les résidences, inexistence de transport suburbain, insuffisances des équipements pédagogiques (laboratoires, salles d’Internet, bibliothèque...)... la liste reste longue.
L’UGEL qui a également soulevé l’absence de vraies «perspectives» de cette réforme, dans laquelle a basculé l’université algérienne depuis deux ans, a exigé un vrai engagement de la tutelle pour la prise en charge des problèmes des étudiants. Dans ce cadre, l’organisation a appelé le ministère à fournir davantage d’éclaircissements sur l’application de ce nouveau système, particulièrement en ce qui concerne le Diplôme d’études supérieures (DES) encore «non reconnu par la fonction publique». Il est à noter que le système LMD, qui prévoit une architecture des études basée sur trois diplômes internationaux, est bâti sur une progression semestrielle des études. Il permet ainsi aux étudiants de construire progressivement des parcours de formation cohérents et diversifiés qui offrent de grandes possibilités de choix. Selon le ministère, l’application de ce système européen va permettre aux étudiants de poursuivre leurs études à l’étranger.
Source : Quotidien d'Oran. |