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Un permis à points pour mettre fin à l'hécatombe

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Écrit par Ali Babès (Quotidien d'Oran)   
15-05-2008
De nouvelles dispositions, dont une refonte du code de la route, sont actuellement à l'étude au niveau du Parlement pour trouver une solution, plus ou moins radicale, au nombre inquiétant des accidents de la route. Et tout particulièrement, pour mettre le holà à un nombre effarant de morts chaque année.

Selon les statistiques, il y a eu en Algérie plus de 4.000 décès provoqués par les accidents de la circulation en 2007 et nous en sommes à 790 morts au cours du 1er trimestre 2008. L'Algérie est ainsi ex-aequo avec le Maroc pour ce qui concerne le nombre dramatique de morts chaque année sur les routes, alors que celui des blessés est autrement plus catastrophique. De quoi alimenter de sombres analyses sur le système actuel régissant autant le code des transports, de la route que de l'obtention du permis de conduire.

Selon le président de la Commission des transports à l'APN, M. Benhamou Mohamed, un projet de loi pour la refonte du code de la route «est en étude à l'Assemblé populaire nationale» (APN). Il a annoncé, au cours d'une journée d'études à Tlemcen sur «la prévention des accidents de la circulation», que «ce projet résulte du constat alarmant relevé en matière du nombre d'accidents sans cesse croissant, malgré les modifications apportées, en 2004, au code actuel». Les discussions au niveau de cette commission parlementaire portent, selon M. Benhammou, sur la mise en place en Algérie du permis à points, tout comme en France et récemment au Maroc, comme mesure répressive à la base de l'infraction commise par les conducteurs.

Selon lui, ce projet sera débattu prochainement par l'APN et portera sur «l'introduction du permis à point», «la formation accrue du candidat au permis de conduire» avec «la révision de la loi qui régit les autoécoles», outre «la création d'une école nationale pour la formation des inspecteurs du permis de conduire et de leurs formateurs». Ce nouveau projet fera aussi appel aux «bureaux d'études spécialisés pour la signalisation routière».

Les parlementaires ont ainsi du pain sur la planche pour redéfinir complètement la configuration actuelle régissant le fonctionnement de l'ensemble des structures en amont et en aval de la formation pour l'obtention du permis de conduire. En outre, des nouveautés seront introduites dans la même foulée en matière de code de la route, pour réprimer plus sévèrement les infractions à un code devenu obsolète. Car il ne faut pas se leurrer : l'actuel code de la route est tombé en désuétude depuis quelques années dès lors que des voies à grande circulation ont été construites. L'introduction de radars pour contrôler la vitesse des automobilistes «fous de vitesse» sur des voies où la vitesse est limitée à 80 km/heure est tout simplement ridicule, comme elle devrait être limitée, comme cela se fait ailleurs, à au moins 120 km/h. Le directeur central au ministère des Transports, M. Boutalbi El-Hachemi, a confirmé quant à lui, qu'un projet de refonte du code actuel «est en cours afin de l'adapter aux normes internationales». Cela, a-t-il ajouté, pour «réduire au maximum le nombre d'accidents de circulation» qui constituent une véritable hécatombe causée, en premier lieu, par «l'élément humain (90 %). Les autres facteurs, à savoir le véhicule et l'environnement, en sont responsables respectivement à 4 et 5 %, a-t-il précisé.

Sur un autre registre, les autorités prévoient un durcissement des outils de répression des infractions au code de la route avec la multiplication des radars de contrôle (120 existant actuellement en Algérie). La route est devenue ces dernières années un véritable coupe-gorge, notamment avec la multiplication par 10 des poids lourds et l'insouciance de beaucoup de chauffeurs de ces «bahuts» quant au respect du code la route, provoquant très souvent des carnages, notamment sur la RN 1 et la RN 5. Une nouvelle signalisation routière est actuellement à l'étude et devrait compléter l'arsenal des nouvelles mesures pour «humaniser» nos routes. Encore faut-il que certains corps de sécurité soient en phase avec les attentes des automobilistes. Mais, tout n'est pas noir dans ce tableau infernal. Selon M. Boutalbi, le code actuel a permis de réduire, selon des statistiques de 2005, de «10 % le nombre des accidents, de 15 % le nombre de décès et de 13 % celui des blessés». La nouvelle mouture apportera-t-elle ces espérances de routes sans Danger ?

Source : Journal Quotidien d'Oran

 
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