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Hommage officiel à un militant algérien, M’hamed Abd El Kader

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Écrit par Walid Mebarek (El Watan)   
06-10-2008
AlgérieLa plaque dévoilée aujourd’hui par le maire de Grenoble porte les mots : « Monsieur M’hamed Abd El Kader, fondateur de l’ADCFA et de l’ARAI, a œuvré pour le rapprochement des communautés algérienne et française. S’ouvrir à d’autres cultures, c’est perpétuer une irrigation source de vie. »

La ville de Grenoble, par la main de son maire Michel Destot, rend hommage aujourd’hui à M’hamed Abd El Kader, d’abord militant de la révolution algérienne puis de l’immigration, en dévoilant une plaque qui portera son nom, dans une maison associative, avenue Maréchal Randon. C’est dans ce même lieu que, sous son impulsion, est née dès les années 1950 l’Association de défense des Nord-Africains (ADNA) puis la très célèbre Association dauphinoise de coopération franco-algérienne (ADCFA) ou en 1985, l’Association des retraités algériens de l’Isère (ARAI) qui vise - encore aujourd’hui à défendre les intérêts des retraités algériens.

Là aussi siègent aujourd’hui plusieurs associations jouissant de cet héritage : ARAI qui existe toujours, AMAL qui s’inscrit dans la lignée de l’ADCFA, ALIF et la nouvelle association Pays’âges que Patricia, fille de Abd El Kader préside, et qui vient en aide aux personnes âgées issues de l’immigration. Depuis 20 ans, sur les traces de son père, avec dévouement et ténacité, Patricia Abd El Kader assure, par ailleurs, bénévolement les permanences ainsi que le secrétariat de l’ARAI et mène sur le plan personnel une étude très fournie sur les migrants âgés isolés. Elle a confié à El Watan que si « la famille a accepté cet honneur officiel, c’est uniquement pour faire une piqûre de rappel à l’amitié et à la fraternité ».

Dans le dossier de presse que nous a communiqué la municipalité du chef-lieu isérois, on lit : « M’hamed Abd El Kader est à lui seul un véritable pan d’histoire dans l’accueil et l’intégration des ressortissants du Maghreb à Grenoble et dans l’histoire de l’amitié franco-algérienne ». Ce geste officiel de la mairie a reçu le soutien du Centre d’informations interpeuples, dont la devise est « de qui dépend que l’oppression soit brisée ? De nous ? » Il est vrai que l’hommage est rendu à un homme mais aussi « à son parcours, son engagement en faveur des immigrés et de la fraternité entre les peuples ». Outre le maire, la veuve de M’hamed Abd El Kader et ses enfants, le consul d’Algérie à Grenoble devait être présent. Enfin, il n’est pas inutile de souligner que cet honneur à un militant algérien est rendu au début de l’avenue qui porte le triste nom du comte grenoblois Randon, l’un des officiers sans conscience de la colonisation de 1830, l’homme pour qui l’achèvement de la conquête de la Kabylie en 1857 valut le bâton de maréchal, et qui finit gouverneur de l’Algérie en 1867. Une fois que c’est dit, on peut avec bonheur tourner une page d’histoire devant cette plaque inédite et mémorable.

Bio express

Originaire de la région d’Oran, M’hamed Abd El Kader est né le 15 mars 1922. Autodidacte, il a un goût prononcé pour tous les apprentissages. Devenu docker, il devient très vite syndicaliste et milite alors dans le syndicat CGT qui a formé de nombreux cadres algériens durant les dernières années de la colonisation. C’est d’ailleurs la CGT qui l’envoie en France en 1947, à Bergerac d’abord, où il travaille mais aussi continue son activité syndicale et associative. Avec un grade de cadre, il arrive à Grenoble en 1949 où il travaille dans l’entreprise FIT. Après le déclenchement de la révolution, il militera sur un terrain plus politique, devenant le responsable FLN à Grenoble.

Mariée à une Française, et ayant de nombreux réseaux et amitiés, il bénéficiera de l’apport de beaucoup de Français dans cette période. Il aidera aussi à la formation de cellules syndicales de la nouvelle UGTA après 1956. A l’indépendance, il rejoint l’Algérie avec sa famille en novembre 1962. A Alger, il fera partie de l’Administration gouvernementale de Ben Bella, premier président de la République algérienne. Il s’éloignera du pays après la prise de pouvoir par Houari Boumédienne en juin 1965. Il pose ses valises à Marseille d’abord puis à Grenoble où il aura le parcours associatif qui est honoré aujourd’hui par la ville. Il est décédé en février 1989.

Source : Journal El Watan

 
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