|
La crise de la hausse du prix de l’huile de table en Algérie a imposé un nouveau type de trafic sur les frontières Est, où la « mafia » de la contrebande apporte cette matière dans le même bidon qui contient le mazout. El Khabar a accompagné les agents des douanes à Tébessa lors de poursuites nocturnes extrêmement dangereuses, au milieu d’un relief accidenté.
Le début de notre mission, qui nous a conduit à Ouargla, s’est effectué au siège des douanes où le chef de l’inspection des sections des douanes, Mourad Moukhtari, nous a informé que notre accompagnateur serait le président du bureau des fonctionnaires, Ahsen Djabellah Mohamed. L’heure indiquait 9h du matin, lorsque nous nous sommes dirigés vers l’inspection principale des brigades à Békaria. Avant notre arrivée, près d’un carrefour où les services de gendarmerie dressaient un barrage, nous avons vu trois véhicules circulant sur la route non goudronnée parallèle à notre route, « ce sont les trafiquants qui échappent aux services de sécurité, ils roulent à une vitesse folle pour atteindre leur objectif. Cette scène se reproduit des dizaines de fois par jour », nous dit le président du bureau des fonctionnaires. « Ils possèdent un réseau de communications très bien organisé », nous dit le président de la brigade mobile, Kerrari Badreddine, « vous verrez maintenant que lorsque nous dressons un barrage sur la route, nous ne pouvons arrêter aucun trafiquant, à cause de complicités dans les différents services, qui leur indiquent que la route n’est pas sûre devant eux ».
L’inspection principale des brigades de Bekkaria ne possède que deux véhicules 4x4, au moment où la superficie totale couverte par ces brigades est 8500 Kms carrés sur quatre communes. Malgré cela, les agents fournissent des efforts qui pourraient leur coûter la vie, afin de faire face à la mafia du trafic.
Lors de l’opération de poursuite, nous avons été surpris, dans le parc, par l’existence d’un grand nombre de citernes métalliques et de bidons en plastique utilisés pour le trafic de combustible algérien, et rapporter en échange l’huile de table tunisienne. Notre interlocuteur déclare : « les analyses en laboratoires ont prouvé que l’huile de contrebande est mélangée au combustible, ce qui constitue un danger pour la santé des citoyens ».
Les trafiquants ne prennent pas la peine de nettoyer le bidon et les citernes métalliques des restes de l’essence, et ils les couvrent par l’huile de table tunisienne, de peur d’être débusqués par les services de sécurité. Les résultats de laboratoires reçus par les services des douanes indiquent : « l’huile de table tunisienne de contrebande contient des matières dangereuses comme le plomb, le fer et d’autres produits intrus, car elle est conservée par les trafiquants tunisiens dans les citernes métalliques puis versée dans les bidons de trafic de combustible et d’essence par les Algériens ». Les mêmes services ont détruit les grandes quantités d’huile de table tunisienne mélangée à l’essence et au gaz, à l’inverse des autres produits qui sont transférés pour la vente au profit des agents et des fonctionnaires des douanes.
L’huile de table tunisienne de contrebande est revendue dans la plupart des magasins de produits alimentaires à Tébessa, où le prix de l’unité de 5 litres est estimé entre 300 et 400 dinars, alors que le prix de l’huile algérienne est estimé entre 700 et 800 dinars, malgré le danger que représente l’huile de contrebande, qui peut causer des cancers et des maladies des reins.
Source : Journal El-Khabar. |