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Les essais nucléaires français au Sahara sur Internet

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Écrit par H. Barti (Quotidien d'Oran)   
17-03-2007
Essai nucléaire en Algérie 1962Le ministère français de la Défense a publié sur son site Internet un dossier dans lequel il présente «les essais nucléaires français et leur suivi au Sahara, retraçant l'historique des tirs, les mesures de sécurité, les principaux accidents» ou encore les «études radiologiques» des anciens sites.

L'association des «sacrifiés des essais nucléaires français» avait demandé, mardi, la levée du secret défense sur les 210 essais effectués au Sahara et en Polynésie, estimant avoir été des «cobayes sacrifiés au nom de la grandeur de la France et de son désir d'hégémonie». Dans son dossier de 28 pages, comprenant photos, cartes et graphiques, on présente assez sommairement, il faut le dire, le contexte général des 17 essais français, réalisés entre le 13 février 1960 («Gerboise bleue») et le 16 février 1966 («Grenat»), tant en atmosphérique dans le désert, qu'en galeries creusées dans le massif granitique du Tan Affela.

«En 1957, le gouvernement décide la création d'un champ d'expérimentation au Sahara. (...) un terrain de 108.000 km² a été affecté à la Défense nationale pour y réaliser les premières expérimentations nucléaires françaises», lit-on dans ce document.

Pour les essais atmosphériques (aériens), le Centre saharien d'Expérimentation militaire (CSEM) sera aménagé à 50 km au sud de Reggane. Ce type d'essai sera succédé par des essais en galeries (souterraines) dans un nouveau site, le Centre d'Expérimentations militaires des Oasis (CEMO) dans le massif du Hoggar, à 150 km de Tamanrasset. De 1960 à 1966, la France a réalisé 4 essais atmosphériques et 13 essais souterrains dans le Sahara algérien, indique-t-on de même source.

S'agissant des mesures de sécurité, il est précisé dans le dossier que le ministère de la Défense avait créé «dès le 6 janvier 1958, une Commission consultative de sécurité des sites (CCS), chargée d'étudier les problèmes de sécurité relatifs aux essais nucléaires». En 1958 et 1959, la CCS «a défini une distance de sécurité de 50 km entre les points d'expérimentation et la base de vie de Reggane, les zones à contrôler (zones de retombées et une zone de 300 km² avec surveillance systématique des points sensibles), un espace aérien, interdit au moment du tir, d'un rayon de 50 km, et les normes de radioprotection applicables lors des expérimentations», selon le document. Cette commission consultative de sécurité avait fixé les limites d'exposition à respecter pour les personnes employées sur les sites d'expérimentation à 50 millisievert par an (mSv: unité représentant la dose d'exposition à la radioactivité). Or, selon la réglementation française actuelle, cette dose ne doit pas dépasser 20 mSv/12 mois. Idem pour la population, la dose maximale définie par le CCS en 1958 et 1961 était, respectivement de 15 mSv et 5 mSv par an, alors que la réglementation actuelle fixe cette dose maximale à 1 mSv par an. Dans la conclusion, il est écrit: «selon les schémas classiques généralement pris en compte et les modèles d'expositions utilisés (...) rien n'atteste que dans l'un des sites (excepté peut-être les sites de «Gerboise bleue», «Gerboise blanche» et du tunnel E2), les expositions annuelles puissent dépasser des valeurs référencées dans les directives générales internationales relatives à l'exposition des personnes».

L'Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) a aussitôt critiqué ce rapport, reprochant au ministère de la Défense d'entonner «à nouveau le refrain de la bombe propre». «Alors qu'il serait de la responsabilité du gouvernement français, en accord avec le gouvernement algérien, de mettre en place une surveillance de la radioactivité des sites, comme celle installée à Moruroa et à Fangataufa, de nettoyer les zones contaminées comme les Britanniques l'ont réalisé en Australie, le ministère de la Défense s'auto-congratule sur l'absence d'incidence environnementale de ses essais», s'indigne l'Aven dans un communiqué. L'association estime aussi que «le ministère de la Défense devrait instaurer un suivi médical des populations résidentes et de l'ensemble du personnel ayant participé au programme des essais».

Source : Quotidien d'Oran.
 
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