 Fait unique dans le championnat de France, Valenciennes joue avec deux milieux internationaux algériens : Yassine Bezzaz et Jamel Belmadi, aussi complémentaires sur le terrain qu'ils sont différents dans la vie. Bezzaz, milieu offensif gauche, 26 ans, est arrivé dans le Nord à l'été 2005 en provenance d'Ajaccio.
Belmadi, milieu offensif droit, 31 ans, n'a rejoint le VAFC que cet été. Le premier a le regard fuyant et la voix basse. Le second vous fixe de ses prunelles et a le verbe haut. “On s'apprécie beaucoup. On a des caractères simples. Mais pour le reste, on est assez différents”, sourit Jamel Belmadi. En tout point, est-on tenté d'ajouter. Yassine Bezzaz est un homme de Constantine, dans l'Est algérien. Il a porté la mythique tunique de la JS Kabylie et est aujourd'hui un pilier de la sélection algérienne. Jamel Belmadi est né à Champigny-sur-Marne (région parisienne), mais sa famille est originaire de Mostaganem, dans l'Ouest algérien, et il n'a plus porté les couleurs de son pays depuis trois ans. “Je n'ai jamais dit que je ne reviendrai pas en sélection”, explique l'ancien joueur de l'OM, brouillé avec sa fédération pour une histoire d'assurance. “Le jour où les dirigeants algériens seront aussi pros que les joueurs, on ira en Coupe du monde”, dénonce Belmadi. À côté de lui, Bezzaz ne dit rien ou presque, mais n'en pense pas moins. “Parfois, tu vois ce qui se passe, et tu dis que tu n'y retourneras plus”, soupire-t-il, même s'il revient à chaque fois. Mais cette année, les deux hommes en seront réduits à regarder la Coupe d'Afrique (CAN) 2008 devant leur télé, puisque l'Algérie n'est pas qualifiée. Au pays de Rabah Madjer et d'Ali Benarbia, ça fait désordre. “Nous, ça passe. Avec Valenciennes, on a vraiment de beaux défis à relever”, positive Belmadi. “C'est pour le peuple algérien que c'est dur”, ajoute en écho Bezzaz. En attendant, c'est le peuple nordiste qui se félicite de leur apport. Puissant, racé, doté d'un excellent pied gauche, Yassine Bezzaz, six matches, un but cette saison, est en passe de devenir titulaire. Tonique, avec un centre de gravité très bas et une palette technique ultra-complète, Jamel Belmadi (7 matches, dont les quatre derniers comme titulaire) revit dans le Hainaut après cinq saisons loin de la France, entre l'Angleterre et le Qatar. En plein Ramadhan, il devrait son présent dans le onze de départ à Antoine Kombouaré. “Le mien (mon Ramadhan, ndlr) est adapté. Les jours de match, je vis une journée normale”, lance Belmadi, rompu aux jeûnes en plein championnat. Bezzaz, de son côté, restera chez lui. “Son imam l'autorise à briser son Ramadhan pour jouer, mais seulement quand on dispute une rencontre à l'extérieur. Et la règle, à Valenciennes, c'est que pour jouer, il faut s'alimenter le jour du match”, explique l'entraîneur, Antoine Kombouaré. “Le coach le comprend. Pour moi, c'est important”, commente Yassine Bezzaz, plus pudique que jamais au moment d'évoquer sa foi.
Source : Liberté |