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Beauté en danger : 40% des produits cosmétiques commercialisés en Algérie sont contrefaits

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Écrit par Fouad IRNATENE (L'Expression)   
23-11-2006
SantéLa contrefaçon des produits cosmétiques sévit toujours en Algérie, au point que l’on évoque l’«impossibilité» de contrôler ce phénomène qui prend des proportions alarmantes. Et pour cause, les produits contrefaits sont écoulés au même titre que n’importe quelle marchandise, c’est-à-dire en vitrine. C’est d’ailleurs ce que l’on a constaté lors de la réalisation de cette enquête. En effet, les produits cosmétiques douteux sont bel et bien proposés dans des magasins ayant pignon sur rue, et ce dans la plupart des grandes villes du territoire national.

Les commerçants, quoique inconscients des conséquences de leur «marchandise» sur la santé publique, n’hésitent néanmoins pas à dire à leurs clients l’origine des produits qu’ils vendent. L’on nous a ainsi déclaré qu’un tel produit est certifié d’origine, alors qu’un autre n’est qu’une imitation, histoire de justifier les différences de prix pour une même marque de cosmétique.

Cette aisance qu’ont les contrefacteurs à écouler leurs marchandises sur le marché est assez inquiétante, du fait du danger permanent qui pèse sur les consommateurs. Des spécialistes contactés par L’Expression, affirment qu’il est très possible de voir une marchandise contenir des produits chimiques extrêmement dangereux pour la santé des utilisateurs. Un risque permanent et très difficile à «gérer» du fait de l’absence de toute traçabilité pour ce genre de produits qui faut-il le préciser, sont soit fabriqués localement de manière clandestine, soit frauduleusement importés de Chine ou de Dubaï.
Selon une enquête établie par le ministère du Commerce, un taux d’infraction qui s’élève à 40% dans les produits cosmétiques a été récemment enregistré dans notre pays.

Le citoyen ne se rend pas toujours compte des séquelles que peuvent causer des pommades, des shampoings, des gels coiffants ou encore des crèmes appliquées sur les parties les plus sensibles du corps, à savoir la tête et le visage. Dans la plupart des cas, rappelons-le, les femmes sont les plus exposées au danger, pour usage excessif de ces produits.
Les fraudeurs proposent généralement ces produits contrefaits à des prix très bas, ce qui leur permet, d’ailleurs, d’en écouler une grande quantité. Un travail colossal attend, donc, la direction du contrôle des prix (DCP). Pis encore, ces acteurs du marché informel regroupent plusieurs opérateurs comme des producteurs, des importateurs, des commerçants grossistes, des détaillants et autres commerçants n’ayant aucune habilitation légale.

Parmi les pratiques frauduleuses constatées sur le marché informel, les experts citent le registre du commerce dont il est difficile d’en vérifier l’authenticité ou la validité, la fausse facturation, les conditions de commercialisation qui ne répondent aucunement aux normes internationales, l’approvisionnement en devises du marché parallèle et l’exportation informelle aux pays sahariens limitrophes. De tout cela, l’on doit retenir des leçons qui préviennent que tout usage de ces produits contrefaits risque de devenir une calamité. Or, en Algérie, l’on est en permanence sous la menace d’une catastrophe sanitaire majeure. Il suffirait qu’un produit nocif à la santé connaisse une large diffusion pour qu’un drame survienne.
D’autre part, le préjudice économique reste immense et les conséquences pratiques peuvent s’avérer dramatiques. Les opérateurs étrangers réclament le droit absolu à la propriété intellectuelle et à la préservation de leurs produits de la contrefaçon. L’impact négatif le plus redouté en secteur économique qui se traduit par l’insistance des pays membres de l’OMC à ce que leurs marques soient protégées; des garanties que l’Algérie doit fournir. Pour combattre ce phénomène qui a causé la perte de 300.000 emplois, le corps sécuritaire doit prendre des décisions plus drastiques afin de maîtriser la situation, incontrôlable jusqu’à maintenant. A cela s’ajoute la création d’un plan contre le commerce informel, recommandée, il y a une semaine, par une commission européenne en visite en Algérie.

Source : Journal L'Expression.
 
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