|
Les établissements scolaires algériens sont touchés par de nombreux phénomènes inhérents à la santé, dont le virus du sida. Sans dévoiler des chiffres récents, les experts présents hier au lycée Hassiba-Ben Bouali à Kouba ont reconnu la difficulté de la tâche consistant à sensibiliser les écoliers du danger que représente cette maladie du siècle.
«La rencontre d’aujourd’hui consiste en la formation des formateurs, la première du genre, pour combattre ce fléau.» C’est en ces termes que le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, s’est exprimé lors de l’ouverture du séminaire régional Centre portant sur «la prévention du VIH/sida en milieu scolaire» en présence d’un panel de spécialistes.
«En sus de son statut de milieu du savoir, l’école peut jouer parfaitement son rôle dans la sensibilisation pour se protéger de tous les fléaux sociaux», explique le ministre. Sur sa lancée, M.Benbouzid a souligné que cinq autres rencontres scientifiques sont prévues.
Ainsi, ajoutera-t-il, «on pourra apporter toute la lumière sur plusieurs phénomènes dont celui de la toxicomanie». Dans ce sens, le département de l’éducation veut atteindre la vitesse de croisière en publiant des livres et autres moyens pédagogiques à même de permettre aux élèves de se prémunir contre la maladie du sida et des autres phénomènes. Apostrophé sur l’avancement du programme d’enseignement de tamazight, le ministre a affiché son optimisme. «Tous les moyens humains et financiers sont disponibles. La programmation de cette matière dans les épreuves du baccalauréat est un élément révélateur de sa réussite» a expliqué M.Benbouzid. Intervenant pour aborder le thème du VIH/sida dans le monde et en Algérie, le Dr Madjid Benmakhlouf, chargé du suivi du programme Msprh Algérie a, d’emblée, mis en garde contre l’avancée de cette maladie. En termes de chiffres, il a précisé que le sida a touché, en 2006, près de 40 millions de personnes dans le monde.
La région subsaharienne enregistre, à elle seule, 72,44% de décès. Les statistiques récentes relatives à l’Algérie n’existent malheureusement pas. Des enfants scolarisés sont atteints du virus. Il s’agit là d’une vérité indéniable. Combien sont-ils aujourd’hui? A cette question, ce spécialiste a précisé que «depuis 1985 jusqu’au 31 décembre 2007, l’Algérie a enregistré 137 cas d’enfants âgés de moins de 15 ans.» Jugeant faible la prévalence de cette maladie, le Dr Benmakhlouf a prévenu contre plusieurs facteurs de transmission. Et de conclure par cette phrase: «Le sida n’est plus une maladie d’importation, elle est devenue autochtone.»
Source : Journal L'Expression. |