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Ramadan : pour un jeûne en toute sécurité |
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Écrit par Destination Santé
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02-10-2006 |
Et voilà le Ramadan. Comme chaque année, un milliard de femmes et d'hommes commémorent la révélation du Coran... en jeûnant. Un rite fondamental dans l'islam. Mais jeûner n'est pas toujours sans risque pour la santé. Surtout s'il est total... comme durant le Ramadan. Du lever au coucher du soleil, et ce pendant 30 jours, les croyants se livrent à une abstinence totale. S'abstenir de se traiter médicalement, de boire et de manger.
Le Dr Patrick Serog est un nutritionniste français de la Faculté de Médecine Xavier Bichat, à Paris. Comme il nous l'explique, un jeûne entraîne une réaction précise de notre corps. " Vous allez d'abord consommer le sucre que vous avez dans votre organisme, c'est-à-dire le sucre qu'il y a dans le foie, un petit peu dans les muscles et puis ensuite très rapidement vous allez consommer les graisses. " Lesquelles vont être utilisées comme source d'énergie.
Résultat, vous perdez du poids. Cela découle du processus de nettoyage de l'organisme. Mais ne vous inquiétez pas, cette perte de poids n'est pas dangereuse, car elle ne se produit pas aux dépens des tissus vitaux. Seules les substances superflues sont brûlées par notre organisme. Notamment les graisses et les déchets. Quoique. Un ralentissement du fonctionnement cérébral peut parfois être observé durant un jeûne.
Trois minutes sans glucose tuent nos neuronesLe cerveau est un organe comme les autres. Il a lui aussi besoin d'éléments spécifiques pour fonctionner, dont certains doivent obligatoirement être fournis par l'alimentation. Le Pr Jean-Marie Bourre est directeur de recherche à l'Inserm, l'Institut national français de la Santé et de la Recherche médicale et membre de l'Académie de médecine. Dans son livre La nouvelle diététique du cerveau publié aux éditions Odile Jacob, il rappelle l'importance de l'alimentation dans le fonctionnement du cerveau. " L'ennemi numéro un du cerveau est le déséquilibre alimentaire. Le premier carburant du cerveau est le glucose. Or 3 minutes sans glucose tuent définitivement les neurones " ! C'est dire le danger qui guette notre tête...
Mais rassurez-vous, notre organisme est si bien organisé que la panne sèche de glucose est impossible lors d'un jeûne de 10 h en moyenne, comme le Ramadan. Il lui faut beaucoup plus que cela. Notre corps stocke les sucres lents pour permettre au cerveau de prélever ce qui lui est nécessaire au fur et à mesure de ses besoins.
Dans ces conditions, notre organisme n'a pas le temps de manquer véritablement d'énergie. Donc contrairement aux idées reçues, le Ramadan n'est pas un jeûne très éprouvant. Et d'un point de vue médical, les risques pour la santé sont minimes. La seule chose qui peut arriver c'est que vous vous sentiez faible quelques heures après n'avoir plus mangé. Rien de sérieux donc.
Au contraire même ! La période de jeûne peut être bénéfique pour notre corps. Ce dernier va se mettre à brûler des graisses qu'il n'a jamais l'occasion de brûler. Des graisses profondes, des réserves inutiles qui en temps normal, encombrent notre organisme.
Buvez beaucoup d'eau !L'eau joue un rôle essentiel. L'eau uniquement, pas les sodas et autres jus de fruits qui, eux, sont à bannir ! Bourrés de sucre, ils ne vont pas aider notre corps à se débarrasser de toutes sortes de déchets. Alors que l'eau, elle, oui. Ne vous en privez surtout pas !
Il est essentiel de boire, et en grandes quantités. Notre organisme doit refaire le plein pour remplacer l'eau que nous avons perdu au cours de la journée. Boire beaucoup permet enfin d'uriner pour éliminer les déchets. Pour vous donner un ordre de grandeur, la consommation d'eau doit passer d'un litre et demi par jour en temps habituel, à deux litres et demi voire trois litres.
Côté nourriture et même si cela peut paraître paradoxal, il ne faut jamais manger lorsqu'on a trop faim. Pourquoi ? Parce que la sensation de faim ne s'épuise qu'après s'être nourri.
Résultat, vous allez trop manger par rapport aux besoins de votre organisme. En fait, la grande règle est de s'alimenter après que la sensation de faim ait été surmontée. Le meilleur moyen d'y arriver est de manger un sucre d'assimilation rapide. Une petite barre de céréales fera largement l'affaire.
Rupture du jeûne : gare aux aliments trop riches Notre cerveau a besoin de quelques aliments-types pour bien fonctionner. Du glucose bien sûr, mais pas seulement. Pensez aux protéines d'origine animale ( oeufs, poissons, viandes). " Ces protéines participent en particulier à la fabrication de certains agents de transmission entre les neurones, les neuromédiateurs ", précise le Pr Jean-Marie Bourre. Il est donc important d'en consommer. Car " si on ne mange pas suffisamment de protéines, faim et satiété seront moins bien régulées par le cerveau et la qualité du sommeil pourra être perturbée, entraînant une légère dépression ".
D'autres aliments sont tout aussi indispensables : comme les graisses (ou lipides). Le cerveau est l'un des organes le plus gras de notre corps, presque autant que le tissu adipeux ! Ces graisses participent directement à la structure des neurones et à leur bon fonctionnement. Certaines doivent être impérativement fournies par l'alimentation car l'organisme ne les fabrique pas.
C'est le cas des oméga 3. On les trouve dans les huiles de colza et de noix par exemple. Il est recommandé d'en prendre une cuillère à soupe par jour. Les vitamines et oligoéléments contribuent aussi à un bon fonctionnement du cerveau, d'où la nécessité de consommer cinq fruits ou légumes par jour.
Mais attention aux aliments trop riches en calories lors de la rupture du jeûne. Comme les plats de viandes, les sauces et les pâtisseries... Ils risquent de faire souffrir votre estomac vide. Il faut manger tranquillement, avec sa raison et non pas avec son sentiment d'affamé ! Durant le Ramadan, les troubles digestifs comme les ballonnements et les douleurs épigastriques représentent les principaux petits ennuis de santé susceptibles de survenir.
Pour vous éviter ces désagréments, respectez la méthode suivante : commencez par patienter un petit peu, puis mangez légèrement. Attendez de nouveau pour que la sensation de faim ait baissé et ensuite, alimentez-vous normalement. Pour l'organisme, le jeûne représente toujours une épreuve. Mais en lui-même, il n'est pas dangereux pour la santé. Et contrairement à une vieille croyance, il ne prolonge pas la durée de la vie…
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