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Le conflit entre le personnel enseignant de l'Institut des télécommunications «Abdelhafid Boussouf» et l'administration de cet établissement universitaire sous tutelle du ministère de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication tend vers le pourrissement.
La décision des contestataires, regroupés sous la bannière du Snapap, de recourir à la rétention des notes des derniers examens, ainsi que celles des soutenances des projets de fin d'études des promotions sortantes complique le conflit qui menace actuellement la stabilité de cet institut. Les contestataires, qui refusent de faire marche arrière, exigent de rencontrer personnellement le SG du ministère de tutelle pour exposer leurs revendications. Mardi, les concernés avaient tenu une AG extraordinaire pour réitérer leur détermination à aller jusqu'au bout de ce mouvement pour contester, selon leurs propos, «une gestion inquiétante et approximative de l'institut et une absence de perspectives de redressement». Les contestataires accusent ouvertement le directeur de l'institut de «mauvaise gestion» ainsi que de «fautes répétées dans les prévisions du budget de fonctionnement» de cet établissement. Conséquences directes, la non perception en 2007 par les salariés des primes de femme au foyer et de celles de IEP et de recherche. Ils soulèvent aussi le problème des virements «aléatoires» des salaires et celui de la «substitution du directeur aux chefs de services pour des tâches qui leur sont dévolues». Pour les contestataires, la détermination pour un changement demeure forte, ce qui annonce une crise qui ne peut être résolue sans l'intervention immédiate de la tutelle.
Contacté à ce propos, le directeur précise: «Le personnel enseignant a reçu toutes les garanties nécessaires par la tutelle pour la prise en charge de leurs revendications, mais il préfère faire le forcing en s'obstinant à prendre les étudiants en otage. Cette démarche illégale de rétention des notes est indigne d'enseignants». Il ajoute que le dossier est entre les mains de la tutelle qui est seule habilitée à trancher dans ce conflit. «Je me suis rendu lundi au ministère pour présenter un compte rendu détaillé sur la situation», signale-t-il.
Revenant aux accusations des contestataires, il a tenu à démentir formellement le non versement des primes de la femme au foyer et de celle de l'indemnité d'expérience professionnelle (IEP). «Tous les travailleurs ont perçu ces deux primes. Cependant les deux primes avaient connu une hausse en 2007 avec l'application de la nouvelle grille des salaires et de ce fait on n'a pas pu verser la différence. Le payement a été différé pour l'année 2008 en raison de l'insuffisance des crédits», affirme-t-il, tout en soutenant que ce retard de payement s'explique par la procédure administrative nécessaire pour l'élaboration du budget modificatif et de l'état matriciel.
Le payement de la prime de recherche a été aussi différé pour 2008 à cause du manque de crédits. Questionné sur les «fautes et omissions répétées dans les prévisions du budget de fonctionnement», notre interlocuteur s'en défend en assurant que les prévisions du budget étaient bonnes mais les crédits alloués par la tutelle sont insuffisants. «On a demandé l'année dernière, à titre d'exemple, 3 millions de DA pour le versement de la prime de recherche mais on n'avait reçu en fin de compte que le tiers de ce montant. Il existe un problème de trésorerie mais cette situation incombe en premier lieu aux crédits insuffisants alloués à notre institut», conclut notre source.
Source : Quotidien d'Oran. |